Category Archives: Catalogue Descriptif

Ogilvie-TAM-Descriptif-Presse

Haut
TAM_Couv_500
20 €



216 pages
48 images (couleur)
Format : 21,5×13,5 cm
Couverture souple, rabats
ISBN : 978-2-37367-011-0
Date de parution : 4 mai 2017

Avec des photographies de Ahlam Shibli,
Lewis Hine, Florian Fouché, Jeff Wall,
Antonios Loupassis & Marc Pataut.

croix-fermer

 

Marianne Dautrey, “Se tuer à la tâche ou s’en libérer”, Le Monde des livres, 15/06/2017.
Lire l’article

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ogilvie-TAM-descriptif-sommaire

Haut
TAM_Couv_500
20 €



216 pages
48 images (couleur)
Format : 21,5×13,5 cm
Couverture souple, rabats
ISBN : 978-2-37367-011-0
Date de parution : 4 mai 2017

Avec des photographies de Ahlam Shibli,
Lewis Hine, Florian Fouché, Jeff Wall,
Antonios Loupassis & Marc Pataut.

croix-fermer
Le Travail à mort
Au temps du capitalisme absolu
Bertrand Ogilvie

 

p. 7 : Préface

p. 13 : Travail et démocratie : des frères ennemis

p. 39 : Au cœur du travail : la servitude volontaire

p. 52 : Ahlam Shibli, Dependence

p. 65 : De l’injuste à l’intolérable

p. 102 : Lewis Hine, Child Labor

p. 121 : L’inévaluable

p. 144 : Florian Fouché, Transport en commun (La classe dans le couloir)

p. 157 : Penser la singularité. Le travail du psychanalyste

p. 170 : Jeff Wall, Untangling

p. 173 : Le réel dans l’histoire

p. 196 : Antonios Loupassis & Marc Pataut, La Rue

p. 209 : Conclusion. Du sujet à l’œuvre au sujet au travail

 

 

Deligny-LTS-Descriptif-presse

Haut
lst_couv_def_500
16 €

Livres-apparentes

192 pages
Format : 21,5×13,5 cm
Couverture souple, rabats
ISBN : 978-2-37367-010-3
Date de parution : 19 janvier 2017

En couverture : Fernand Deligny et Janmari, 1973.
Photo © Thierry Boccon-Gibod

croix-fermer
Lettres à un travailleur social
Fernand Deligny
avec une postface de Pierre Macherey

 

Nicolas Mathey, “Deligny, si particulier”, L’Humanité, le 11/09/2017.
Lire l’article

Géraldine Mosna-Savoye, dans l’émission Deux minutes papillon sur France Culture, le 24/01/2017.
Réécouter l’émission

 

 

 

 

 

 

 

 

Ogilvie-TAM-Descriptif-Auteur

Haut
TAM_Couv_500
20 €



216 pages
48 images (couleur)
Format : 21,5×13,5 cm
Couverture souple, rabats
ISBN : 978-2-37367-011-0
Date de parution : 4 mai 2017

Avec des photographies de Ahlam Shibli,
Lewis Hine, Florian Fouché, Jeff Wall,
Antonios Loupassis & Marc Pataut.

croix-fermer
Le Travail à mort
Au temps du capitalisme absolu
Bertrand Ogilvie

 

Bertrand Ogilvie est psychanalyste, professeur agrégé de philosophie, professeur des universités, ancien directeur de programme au Collège international de philosophie (2004/2010). Il enseigne depuis 2012 à l’université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis la philosophie politique et la psychanalyse, où il assume la fonction de directeur du laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie et la responsabilité du master de philosophie.

Il a participé à la fondation du Centre international de recherche sur la philosophie française contemporaine de l’ENS/Ulm (Ciepfc) avec Alain Badiou, Yves Duroux et Patrice Maniglier. Il a publié un livre sur Lacan (Lacan. La formation du concept de sujet) aux Presses universitaires de France et deux livres de philosophie politique et d’anthropologie : L’Homme jetable aux Éditions Amsterdam et La Seconde Nature du politique à l’Harmattan. Il a écrit des articles pour Les Temps modernes, Critique, Multitude, ainsi que pour les revues Vacarme et Le Passant ordinaire. Il travaille principalement sur les rapports entre psychanalyse et politique, sur la violence contemporaine et spécifiquement sur les formes exterministes adoptées par les politiques du XXe siècle.

Aux éditions L’Arachnéen, il a écrit dans plusieurs publications liées à l’œuvre de Fernand Deligny : “Au-delà du malaise dans la civilisation. Une anthropologie de l’altérité infinie” dans les Œuvres (2007), “Vivre entre les lignes” dans L’Arachnéen et autres textes (2008), et la postface de Cartes et lignes d’erre. Traces du réseau de Fernand Deligny. 1969-1979 (2013).

 

 

Ogilvie-TAM-Descriptif-Présentation

Haut
TAM_Couv_500
20 €



216 pages
48 images (couleur)
Format : 21,5×13,5 cm
Couverture souple, rabats
ISBN : 978-2-37367-011-0
Date de parution : 4 mai 2017

Avec des photographies de Ahlam Shibli,
Lewis Hine, Florian Fouché, Jeff Wall,
Antonios Loupassis & Marc Pataut.

croix-fermer
Présentation
Le Travail à mort
Au temps du capitalisme absolu
Bertrand Ogilvie

 

Une ambiguïté fondamentale affecte les débats sur le travail. Elle réside dans la confusion même du terme de travail, qui en est venu à désigner des réalités complètement différentes à partir de la révolution politico-industrielle du XIXe siècle européen et de la généralisation de ses procédures d’organisation des activités humaines, d’abord en Europe, puis peu à peu, dans le reste du monde.

Pour certains le travail semble être le destin inévitable de tout être humain entrant, à l’âge adulte, dans la vie active. Il semble être ce dont le manque prive la vie de tout sens et de tout avenir. Pour d’autres il est une malédiction vouant la majorité des populations à une existence de servitude physique et mentale proche d’un esclavage. Pour tous, le travail s’impose comme une réalité donnée qu’on glorifie comme un idéal ou qu’on déprécie comme une plaie, mais dont on ne conteste pas l’existence.

Ce livre n’annonce pas la “fin du travail”, bien au contraire. Même si l’on considère comme éminemment souhaitable la fin de ce qui, dans ce qu’on appelle “travail”, représente une dimension profondément destructrice pour l’existence humaine, il n’y a pas lieu de se dissimuler le caractère improbable de cet avènement à court ou moyen terme. En attendant, il s’agit de remarquer les mutations contemporaines qui permettent au travail de se survivre à lui-même et de s’efforcer de leur donner un nom. Ce livre se veut donc une réflexion tant philosophique que philologique sur les noms et sur leurs enjeux. Quand on dit, en français : “Ça n’est pas du travail !”, on veut dire qu’une action de transformation ou une opération n’a pas été à la hauteur de son projet de départ. Or, ce livre essaie de montrer que l’on doit dire cela du travail lui-même : “Le travail, ça n’est pas du travail !” Il faudra donc comprendre comment les mêmes mots peuvent recouvrir des contenus contraires et comment une critique du travail ne peut, à moins d’être profondément déceptive et démobilisante, aboutir à une réhabilitation de ce même travail.

Ces analyses ne s’inscrivent donc pas particulièrement dans la tradition d’une critique de la valeur travail, mais, afin de contourner les apories de la question “Que faire ?”, elles s’efforcent de prendre en compte les résistances concrètes déjà présentes : critiquer le travail revient souvent à se demander comment l’organiser autrement, voire comment revenir à des méthodes d’organisation jugées, avec une nostalgie paradoxale, comme plus acceptables : celles des Trente glorieuses en France par exemple, et plus généralement les modalités de “l’État Providence”, ou de “l’État social”, telles qu’elles ont été analysées, dans des perspectives différentes, par des auteurs comme Robert Castel ou Christophe Dejours. Même si ces auteurs sont pessimistes à l’égard des potentialités d’inscription dans le réel de leurs analyses, ils n’en délivrent pas moins une description des dimensions anthropologiques inhérentes à ces espaces de jeu présents partout dans l’activité sociale de production et qui en surdéterminent toutes les formes historiques de réalisation : c’est ce qu’on appelle généralement, de manière trop confuse, le “facteur humain”. La phase dans laquelle nous entrons, caractérisée par la domination de la problématique de l’évaluation totale, est révélatrice de la possibilité que ces failles structurelles se creusent ou se referment à nouveau.

Le Travail à mort est composé de textes écrits entre 2005 et 2016. La notion de “centralité du travail”, reprise à Christophe Dejours (avec qui l’auteur a entretenu un dialogue étroit), recouvre un large spectre de questions qui touchent à la fois à la philosophie politique, à la sociologie et à la psychanalyse (la forme démocratique, les institutions garantes de la liberté, la subjectivité et la citoyenneté, la clinique, les pathologies sociales, les situations de reconnaissance et de servitude), articulées par l’auteur dans une perspective critique.

Ce recueil paraît quelques mois après les débats sur la Loi Travail, mais aussi au moment où de nombreuses luttes se mènent, dans différentes parties du monde, contre les mutations et radicalisations extrêmes d’un système d’exploitation qui suscitent de nouvelles formes de résistance, en rupture avec les engagements politiques traditionnels. Les questions soulevées par Le Travail à mort sont donc éminemment actuelles, et susceptibles de donner lieu à des débats nombreux dans les champs de la philosophie politique, de l’économie et de la psychanalyse. Ce volume peut être considéré comme une suite de L’Homme jetable (publié par Bertrand Ogilvie en 2012 aux éditions Amsterdam), formule qui a fait écho dans tous les esprits alertés par la condition de l’homme au temps du néolibéralisme.

Le Travail à mort est scandé par des photographies (les auteurs : Ahlam Shibli, Lewis Hine, Florian Fouché, Jeff Wall, Antonios Loupassis & Marc Pataut) qui, dans des contextes différents et selon différentes approches, traitent également du travail. Elles n’illustrent pas plus les textes que ceux-ci ne commentent les images. La cohabitation des deux registres est de l’ordre de la consonance.

 

AM-Schneider-Descriptif-Presse

Haut
couv_ams_descriptif
39 €

LIVRE-AUTEUR

TRILINGUE (français, espagnol, anglais)
280 pages, 230 dessins et peintures, 80 photogrammes
+ 1 DVD avec 4 films
Format : 26×20,5 cm
Couverture souple, reliure integra
ISBN : 978-2-3736700-4-2
Date de parution : 17 novembre 2016

Livre coédité avec le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia
avec le soutien à l’édition du Centre national des arts plastiques,
des galeries Peter Freeman, Inc. et Michel Rein (Bruxelles),
et du Musée des arts contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

croix-fermer
Anne-Marie Schneider
avec un texte de Jean-François Chevrier, “Tracé film couleur”

 

Roxani-Anastasia Kampasele, “Anne-Marie Schneider”, Critique d’art [en ligne], mai 2017.
Lire l’article

Corinne Rondeau, dans l’émission La Dispute d’Arnaud Laporte sur France Culture, le 21/12/2016.
Réécouter l’émission

Christophe Domino, “Déprise et décentrement”, Journal des arts, 9/12/2016
Lire l’article

Pedro del Corral, “Los diarios de Anne-Marie Schneider”, El mundo, 15/11/2016
Lire l’article

Ángeles García, “Las inquietantes fábulas de Anne-Marie Schneider”, El país, 15/11/2016
Lire l’article

“La línea de Anne-Marie Schneider”, hoyesarte.com, 15/11/2016
Lire l’article

“Anne-Marie Schneider, agitación entre líneas”, masdearte.com, 16/11/2016
Lire l’article

 

 

AM-Schneider-Descriptif-Extraits

Haut
couv_ams_descriptif
39 €

LIVRE-AUTEUR

TRILINGUE (français, espagnol, anglais)
280 pages, 230 dessins et peintures, 80 photogrammes
+ 1 DVD avec 4 films
Format : 26×20,5 cm
Couverture souple, reliure integra
ISBN : 978-2-3736700-4-2
Date de parution : 17 novembre 2016

Livre coédité avec le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia
avec le soutien à l’édition du Centre national des arts plastiques,
des galeries Peter Freeman, Inc. et Michel Rein (Bruxelles),
et du Musée des arts contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

croix-fermer
Anne-Marie Schneider
avec un texte de Jean-François Chevrier, “Tracé film couleur”

 


Télécharger des extraits

Ce PDF comprend quelques pages du montage des dessins et peintures d’Anne-Marie Schneider, ainsi que le début du texte de Jean-François Chevrier dans les trois langues, français, espagnol et anglais.

 

 

 

 

 

 

Deligny-LTS-Descriptif-Extraits

Haut
lst_couv_def_500
16 €

Livres-apparentes

192 pages
Format : 21,5×13,5 cm
Couverture souple, rabats
ISBN : 978-2-37367-010-3
Date de parution : 19 janvier 2017

En couverture : Fernand Deligny et Janmari, 1973.
Photo © Thierry Boccon-Gibod

croix-fermer
Lettres à un travailleur social
Fernand Deligny
avec une postface de Pierre Macherey

 

S’agit-il pour moi de parler en vérité ? Ces lettres s’adressent à un travailleur social quel qu’il soit. Il me semble pouvoir l’aider dans sa pratique quotidienne. Il ne s’agit de rien d’autre. Alors qu’il m’est arrivé d’être surnommé, par voix de presse, patriarche – des enfants perdus sans doute – il ne faudrait pas que le travailleur social tienne compte de cette appellation tout à fait incontrôlée et même, je le crains, fort médisante.

S’il doit se faire une idée de qui lui écrit, qu’il pense à un vieux renard d’asiles, comme on parle de renard des sables. Le moindre mot est grossièrement ambigu ; renard des sables, c’est le fennec qui s’apprivoise si aisément, et c’est Rommel, chef de l’Africa Korps qui était division de blindés. C’est plutôt de renard que je veux parler, ni fennec, ni Rommel, renard d’asiles de par le fait que c’est d’asile que j’écris, et ce depuis 1943, un renard qui s’écrivait renard du temps de son roman. Si j’écris qu’« il » est fictif, ça n’est point pour dénigrer le « sujet » ; c’est pour dire au travailleur social qu’il y a piège.

[…]

Mon projet, en écrivant ces lettres, est de t’épauler en tant que travailleur social. Les mots étant ce qu’ils sont, épauler a d’abord voulu dire rompre l’épaule. À propos de tous ces mots, je vais puiser dans le petit Robert. Et c’est une bonne manière de t’épauler que de te rappeler que Petit Robert existe. Si jamais tu avais l’habitude de prendre les mots au mot, Petit Robert t’aidera à tempérer cette confiance.

Mon projet de t’épauler n’est pas de te rompre l’épaule ni de te prendre pour un fusil. Mais puis-je t’offrir de puiser dans mon propre travail comme je te recommande d’aller le faire dans le Petit Robert ?
Je ne suis pas alphabétique ; rien n’est rangé dans mes propos.
Et le fait est que pour t’épauler, il me faut trouver appui moi-même et, te racontant tant bien que mal sur quoi je prends appui, il peut se faire que cet appui se prête à être commun, comme on le dirait d’un puits qui serait communal.

[…]

Et voici le dilemme proposé : deux chemins pour en arriver au commun ; l’un qui peut se dire communier, quel que soit le rite, communion ou communication, et coutumier si on veut bien entendre qu’au ressort de ce coutumier-là, il ne s’agit pas de prendre ou d’apprendre des habitudes traditionnelles mais de permettre d’asiler, infinitif créateur du groupe, asiler ne pouvant émerger que si repérer est traité avec le respect qui lui est dû, en tant qu’infinitif créateur du mode d’agir de toute espèce, agir étant réagir.

S’agirait-il d’un choix entre l’individu, lieu focal de la mémoire d’espèce, et le sujet, l’homme étant être de langage ? Il s’agit d’esquiver le sujet absolu, l’être de langage issu de l’éducation, seule garante de sa mémoire et donc de sa conscience, sujet conscient d’être dont le temps est à vrai dire fictif, alors que l’individu existe et vit à l’infinitif, si bien que son existence reconnue permet des incartades tout comme il arrive à l’océan d’en faire, lors de chaque marée, la marée n’étant pas lubie de l’océan, mais preuve de l’existence de la lune pour qui en douterait.

[…]

Parler d’éducation négative comme on le fait à partir des propos de J. J. Rousseau ne me suffit pas ; si cette proposition introduit une logique naturelle, elle laisse supposer qu’apprendre rien suffirait. Or c’est de ce rien que tout dépend, rien qui, au XVIe siècle encore, était chose réelle. Et il est vrai que la « chose réelle » ne s’apprend pas. Elle fourmille d’indices dont repérer est fort friand, riche d’une expérience millénaire, et pourtant désamorcé comme par précaution. La mémoire d’éducation est, sur ce rien qui chose réelle est, d’une vigilance avertie ; elle veille sur le tout, ce tout étant ce qui peut s’apprendre, ou plutôt ce qui peut « leur » être appris.

Il y a donc l’être appris, et cet individu que je te recommande tout comme je le faisais, du temps de la Grande Cordée, des énergumènes que j’envoyais en Auberge de Jeunesse, persuadé qu’un milieu nouveau et pour eux tout frais les désénergumènerait et chasserait leur démon plus efficacement que ne l’auraient fait nos litanies ou l’étalage de nos convictions.

Un des avantages de cet individu que je t’envoie est qu’il ne mange ni foin, ni pain. On ne saurait rêver hôte plus discret. Même pisser, il n’en a nul besoin. Il ne touchera à rien.
On t’a parlé de l’inconscient.
C’est de l’individu que je te parle, lointain prochain dont l’être est d’être tout ce que IL n’est pas.
Si tu acceptes sa présence dans ton espace, tu me seras reconnaissant un jour ou l’autre.

En cas d’énigme dans ton labeur quotidien, ce prochain-là t’aidera à la maintenir ouverte, et mieux vaut énigme ouverte qu’illusoire solution qui risque de t’entraîner à de fâcheuses et inopportunes résolutions. Si tant est que tu aies – ne serait-ce qu’un tant soit peu – confiance en sa proximité – prochaine serait mieux dire – tu seras préservé des effets pervers de l’interprétation qui te semble à portée et te fait dire et penser ce que l’éthologue en mal de communication fait dire à l’oie.

Tu sais ce que parler veut dire et tu sais mieux encore ce que veut dire qui ne dit rien. Tu supposes, ce qui est, à proprement parler, te poser dessus, te superposer, te substituer. Dans l’élan qui te porte à cette substitution tu n’en écoutes que l’intention.

N’oublie pas l’histoire de ce missionnaire envoyé auprès de peuplades fort sauvages et qui, pour saluer quelques indigènes comme il convient, a levé la main en signe de paix comme ON le fait chez nous. Il s’est fait sur-le-champ trucider. Les indigènes ignoraient tout de notre ON ; ils avaient le leur et ce que cet ON-là leur avait appris, c’est que main levée est signe de menace ultime.

 

Deligny-LTS-Descriptif-Auteurs

Haut
lst_couv_def_500
16 €

Livres-apparentes

192 pages
Format : 21,5×13,5 cm
Couverture souple, rabats
ISBN : 978-2-37367-010-3
Date de parution : 19 janvier 2017

En couverture : Fernand Deligny et Janmari, 1973.
Photo © Thierry Boccon-Gibod

croix-fermer
Lettres à un travailleur social
Fernand Deligny
avec une postface de Pierre Macherey

 

Fernand Deligny

Le parcours de Fernand Deligny (1913-1996), éducateur et écrivain, se partage grosso modo en trois périodes. Une première (1937-1947) pendant laquelle il se distingue par son action libertaire des méthodes du renouveau éducatif instaurées par l’administration de Vichy. Une deuxième (1947-1962) au cours de laquelle il crée et dirige La Grande Cordée, « association de prise en charge en cure libre », à Paris puis de manière itinérante, dans le sud-est de la France. La dernière, dite celle de la « tentative » (1968-1996) correspond aux trente années vécues avec des enfants autistes, à Monoblet, dans les Cévennes.
De son vivant il publie une quinzaine d’ouvrages et signale ses tentatives éducatives par la publication régulière d’articles dans des revues spécialisées (éducation, éducation populaire, psychiatrie, cinéma). L’expérience de l’autisme l’oriente vers une recherche au croisement de l’anthropologie et de la philosophie, et lui inspire une réflexion incessante sur le langage, l’espace, l’asile, l’humain, l’espèce. L’organisation du « réseau » (la structure informelle de prise en charge d’enfants autistes fondée en 1968) anticipe et se distingue des « communautés thérapeutiques » par un usage pensé de l’espace et le recours à des pratiques artistiques, le tracé, la cartographie, le cinéma, la vidéo (les tentatives de Deligny ont donné lieu à trois films, Le Moindre geste (1962-1971), Ce Gamin, là (1975), A propos d’un film à faire (1989). Les derniers essais de Deligny concernent l’image. Quelques années avant sa mort, il entreprend une autobiographie sans fin (2600 pages), L’Enfant de citadelle.

Pierre Macherey

Pierre Macherey est philosophe et Professeur émérite à l’Université de Lille III depuis 2003 et spécialiste, notamment, des œuvres de Marx et Spinoza. Une bibliographie complète de son œuvre est accessible sur son site.

 

Deligny-LTS-Descriptif-Présentation

Haut
lst_couv_def_500
16 €

Livres-apparentes

192 pages
Format : 21,5×13,5 cm
Couverture souple, rabats
ISBN : 978-2-37367-010-3
Date de parution : 19 janvier 2017

En couverture : Fernand Deligny et Janmari, 1973.
Photo © Thierry Boccon-Gibod

croix-fermer
Présentation
Lettres à un travailleur social
Fernand Deligny
avec une postface de Pierre Macherey

 

Fernand Deligny rédige Lettres à un travailleur social en 1984-1985. Il vit dans les Cévennes avec des enfants autistes depuis 1968. Entre-temps, il a publié une dizaine de livres qui portent sur le “réseau” en développant une pensée de l’”humain commun” et une critique du langage du point de vue de l’autisme. Le dernier, Traces d’être et bâtisse d’ombre a paru chez Hachette en 1981. Avec le temps, il s’est éloigné des travailleurs sociaux qui lui reprochent son écriture “hermétique” et voudraient le voir renouer avec l’esprit directement militant des aphorismes de Graine de crapule, petit opuscule libertaire paru en 1945. Deligny esquive. Il répond sans répondre. S’adressant à un “travailleur social quel qu’il soit”, il ne se départit pas de cette langue soi-disant “hermétique” ; c’est dans cette langue “en tant qu’outil” qu’il veut persuader les travailleurs sociaux de penser leur tâche difficile. Dans Le Croire et le Craindre, son autobiographie (1978), il écrit : “C’est quasiment une position politique de faire cause commune avec les mots dénigrés”. Ces mots sont “asile”, “milieu”, “infinitif”, “énigme”, “repérer”…

Sa proposition est donc politique : en ce début d’années 1980, il pointe (comme il l’a toujours fait) les risques d’une liberté indexée sur l’individualisme, et d’une psychologie organisée autour de l’hypostase du sujet “absolu” et de la “conscience de soi”. Non sans provocation (en ce temps où la politique de sectorisation prône la fermeture des hôpitaux psychiatriques), il prend la défense de l’asile, non au sens institutionnel mais au sens premier de refuge. Dans des pages que ne renieraient pas les critiques actuelles les plus radicales sur l’école, il met en garde contre les formes de “l’apprendre” qui négligent les “faits hérétiques”, les faits “chiendent”, ceux qui résistent à la sélection : “Sélectionné toi-même travailleur social, te voilà à même de sélectionner les faits convenables. Mais alors qui daignera s’apercevoir des faits inconvenants ?”. Il suggère plutôt de respecter le hasard, l’énigme, et le tacite dont il reprend la notion au philosophe autrichien Ludwig Wittgenstein. En phase avec plusieurs penseurs de son époque (Maurice Blanchot, Jean-Luc Nancy, entre autres), il interroge un “commun” qui ne soit ni communautaire ni communicationnel mais “coutumier”, indissociable d’un territoire (évidemment non identitaire) et de la pratique qui consiste à “asiler” (infinitif forgé par lui) l’humain, celui en qui la mémoire d’éducation n’aurait pas totalement supplanté la mémoire d’espèce…

Dans une postface généreuse et éclairante organisée en trois parties, Pierre Macherey, grand analyste de Marx et Spinoza, penseur de l’utopie, répond en quelque sorte, lui, à l’inquiétude du travailleur social. Dépliant le texte de Deligny sans l’expliquer, proposant de lui reconnaître son inquiétante étrangeté, il commence par souligner la parenté entre l’écriture et les thèmes abordés: l’”entre” (entre les mots et les choses, entre les personnes, ce qui “constitue la trame de toute forme de vie”) de préférence aux grandes totalisations, l’”énigme” qui se refuse à l’interprétation et appelle le silence. Dans un second temps il analyse de près l’une des lettres, dont il dégage en particulier le thème de la ligne – de “l’aller ligne”, selon la formule d’Henri Michaux – en montrant (au fil de sa propre lecture) qu’elle caractérise ici encore à la fois le mode d’occupation de l’espace non linéaire qui est celui des enfants autistes ET l’écriture de Deligny ; et qu’elle le conduit de l’”évocation d’une file d’enfants” à des considérations à portée “tendanciellement cosmiques”. Il propose enfin un florilège de citations de Lettres à un travailleur social, associées et commentées de manière à en faire apparaître clairement la trame des principales lignes de force.

 

AM-Schneider-Descriptif-Auteurs

Haut
couv_ams_descriptif
39 €

LIVRE-AUTEUR

TRILINGUE (français, espagnol, anglais)
280 pages, 230 dessins et peintures, 80 photogrammes
+ 1 DVD avec 4 films
Format : 26×20,5 cm
Couverture souple, reliure integra
ISBN : 978-2-3736700-4-2
Date de parution : 17 novembre 2016

Livre coédité avec le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia
avec le soutien à l’édition du Centre national des arts plastiques,
des galeries Peter Freeman, Inc. et Michel Rein (Bruxelles),
et du Musée des arts contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

croix-fermer
Anne-Marie Schneider
avec un texte de Jean-François Chevrier, “Tracé film couleur”

 

Anne-Marie Schneider

La première exposition d’Anne-Marie Schneider remonte à 1990 ; elle venait d’obtenir son diplôme de l’École nationale des beaux-arts de Paris. Depuis, elle n’a cessé d’exposer : principalement en France, en Belgique, aux Pays-Bas, mais également en Allemagne et aux États-Unis, et plus ponctuellement en Grande-Bretagne, en Espagne, à Taiwan…

Mentionnons quelques étapes significatives de son parcours : dès 1995, elle figure dans une exposition collective au Drawing Center de New York. En 1997, elle participe à la Documenta X avec un ensemble important de dessins ; la même année, le FRAC Picardie lui consacre une première exposition personnelle. Suivront celles du Musée d’art moderne de la ville de Paris, et celle du Musée Het Domein, à Sittard, aux Pays-Bas, respectivement en 2003 et 2007. En 2009, elle est représentée dans l’accrochage de l’exposition elles@centrepompidou : artistes femmes dans les collections du Centre Pompidou. En 2010 elle est nominée au Prix Marcel Duchamp. En 2013 et 2015, le polyptyque de La Mer bleue est présenté dans les deux versions de l’exposition Formes Biographiques organisée par Jean-François Chevrier au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía puis au Carré d’art à Nîmes. De novembre 2016 à mars 2017, le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía lui consacre une importance rétrospective.

Pour une biographie et une bibliographie détaillée, télécharger ici.

Jean-François Chevrier

Jean-François Chevrier est professeur d’histoire de l’art contemporain à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris depuis 1988. Fondateur et rédacteur en chef de la revue Photographies (1982-1985), il fut conseiller général de la Documenta X (1997) et commissaire de nombreuses expositions internationales, accompagnées de catalogues, notamment: Une autre objectivité (1988-1989), Photo-Kunst (1989-1990), Walker Evans et Dan Graham (1992-1994), Des territoires (Paris, 2001), L’Action restreinte. L’art moderne selon Mallarmé (2004-2005), Formas Biograficas/ Formes Biographiques (2014-2015) ; Agir, contempler (2016).

Il est l’auteur de très nombreux articles et parmi ses ouvrages principaux, on peut noter (sélection) : Proust et la photographie, Paris, L’Étoile, 1982 ; rééd. Proust et la photographie. La résurrection de Venise, Paris, L’Arachnéen, 2009 ; Portrait de Jurgis Baltrusaitis, Paris, Flammarion, 1989 ; Patrick Faigenbaum, Paris, Hazan, 2000 ; Jeff Wall. Essais et entretiens, 1984-2001 (éd.), Paris, Ensba, 2001 ; Öyvind Fahlström, Another Space For Painting, cat., Barcelone, Museu d’Art Contemporani, 2001 ; Paysages territoires. L’Île-de-France comme métaphore, Marseille, Parenthèses, 2002 ; Jeff Wall, Paris, Hazan, 2006. Entre 2010 et 2015, il publie une série de sept livre à L’Arachnéen : La Trame et le Hasard ; Walker Evans dans le temps et dans l’histoire ; Entre les beaux-arts et les médias: photographie et art moderne ; Les Relations du corps ; Des territoires ; L’Hallucination artistique. De William Blake à Sigmar Polke ; Œuvre et activité. La question de l’art.

 

AM-Schneider-Descriptif-Events

Haut
couv_ams_descriptif
39 €

LIVRE-AUTEUR

TRILINGUE (français, espagnol, anglais)
280 pages, 230 dessins et peintures, 80 photogrammes
+ 1 DVD avec 4 films
Format : 26×20,5 cm
Couverture souple, reliure integra
ISBN : 978-2-3736700-4-2
Date de parution : 17 novembre 2016

Livre coédité avec le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia
avec le soutien à l’édition du Centre national des arts plastiques,
des galeries Peter Freeman, Inc. et Michel Rein (Bruxelles),
et du Musée des arts contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

croix-fermer
Anne-Marie Schneider
avec un texte de Jean-François Chevrier, “Tracé film couleur”

 

Rétrospective au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia (Madrid)
16 novembre 2016 – 20 mars 2017
Site du musée

I am here à la galerie Michel Rein Brussels
12 janvier – 25 février 2017
Site de la galerie

Rétrospective au Musée des Arts contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles
30 septembre 2017 – 7 janvier 2018

 

 

 

 

 

AM-Schneider-Descriptif-Présentation

Haut
couv_ams_descriptif
39 €

LIVRE-AUTEUR

TRILINGUE (français, espagnol, anglais)
280 pages, 230 dessins et peintures, 80 photogrammes
+ 1 DVD avec 4 films
Format : 26×20,5 cm
Couverture souple, reliure integra
ISBN : 978-2-3736700-4-2
Date de parution : 17 novembre 2016

Livre coédité avec le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia
avec le soutien à l’édition du Centre national des arts plastiques,
des galeries Peter Freeman, Inc. et Michel Rein (Bruxelles),
et du Musée des arts contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

croix-fermer
Anne-Marie Schneider
avec un texte de Jean-François Chevrier, “Tracé film couleur”

 

L’enjeu de cette première monographie d’Anne-Marie Schneider (qui reproduit plus de 230 images et inclut un DVD de ses quatre films) est de saluer le parcours d’une artiste et de rendre sensible l’élaboration rigoureuse qui l’a conduite à passer du dessin à la peinture, de la ligne à l’aplat, du noir à la couleur, du support de la feuille à celui du film, sans toutefois jamais abandonner le dessin ; le dessin, ou, pour mieux dire, le trait, geste dont il lui arrive de parler comme d’une “écriture”.

Pendant les années 1990, en effet, Anne-Marie Schneider dessine exclusivement : sur des feuilles d’un format toujours identique, 36 x 31,5cm ; au crayon, au fusain, ou à l’encre de Chine. La force de ces dessins, qui leur vient de la tension entre l’économie du trait et la complexité du niveau de perception de la réalité, lui vaut une attention internationale immédiate. Elle expose à la Documenta X (1997) une série de dessins inspirés par l’expulsion de trois cents étrangers de l’église Saint-Bernard à Paris ; ces “choses vues” (dans la réalité et dans les médias) associent la description documentaire et l’expression d’une violence physique rendue par la capacité de l’artiste à intérioriser ce que les psychiatres appellent le “schéma corporel”.

Cette capacité lui permet de produire, dans un autre registre, celui de l’intimité, et parfois en quelques traits, l’image vécue d’un corps vivant, en mouvement, et spatialisé. Ce type de dessin scande l’ensemble de son œuvre. Aucun pathos n’accompagne ce fascinant exercice qu’est la restitution du dynamisme d’un corps (avec os, muscles, tendons, articulations, non représentés). Du moins jusque dans les années 2010, le burlesque – cette “mécanique du vivant” – cohabite avec le versant sombre de l’imagination. Anne-Marie Schneider est une artiste spirituelle, elle a de l’humour et le goût du jeu. Jeux de situations, jeux d’associations, jeux de langage. “Le roi prend la reine” dit-elle à propos d’un jeu de cartes qui fait sortir le roi de son cadre pour toucher le sein de la reine. La différence sexuelle n’est pas thématisée, elle est là, sous la forme de scènes érotiques suggestives, de phallus en majesté, de seins-globes, de femmes enceintes et d’embryons dans les limbes.

À partir de 1999, la peinture apparaît sous la forme d’aplats monochromes, à la gouache ou à l’aquarelle – sans doute dérivés des zones homogènes de fusain noir. Ces aplats sont légers, translucides, tantôt striés de lignes noires (peut-être pour assurer la permanence du trait), tantôt enveloppants comme une mandorle dont le contour continue d’être souligné à l’encre de Chine. Au début des années 2000, elle adopte de plus grands formats (50x37cm) ; dès 2002/2003 apparaissent les premiers tableaux dans lesquels la peinture prend en charge non plus seulement l’aplat de couleur mais le dessin lui-même. Jusque-là le motif (une icône russe, un citron, un visage) était resté centré, entouré du blanc du papier.

Elle utilise pour la première fois la toile et l’huile en 2008/2009, pour l’extraordinaire ensemble inspiré par La Belle et la Bête. De légère qu’elle était, la peinture devient épaisse, mouvementée, couvrante, elle envahit l’ensemble de la surface. Les figures sont grotesques ; l’artiste prend délibérément le risque du kitsch et propose une version criante et criarde, populaire, polychrome, du conte élégamment illustré en noir et blanc par Cocteau. De 2010 à 2015, elle cherche d’autres solutions picturales. La rue revient, sous la forme d’épisodes d’actualité (CRS, réfugiés, cartons, valises) vécus et rêvés par des personnages énigmatiques au sexe indéfini. Puis des couleurs précises apparaissent : un certain bleu par exemple, vif, qui lui inspire une série d’œuvres-montages dont le plus accompli est sans doute La Mer bleue (un ensemble de gouaches formant un espace réminiscent et cosmique, distribuées autour d’un corps mort allongé) ; ou un noir opaque qui donne lieu à une série de variations sur L’Atalante de Jean Vigo, sur fond d’hommage à René Daniëls.

Le montage est inscrit dans le dessin dès le départ sous la forme du mouvement (qui agite intérieurement la figure) et du récit ; très vite Anne-Marie Schneider se donne la possibilité de multiplier les images, de les développer en séquences. Dès 1997, on l’a dit, elle décline en plusieurs dessins le thème des sans-papiers expulsés de l’église Saint-Bernard. En 2005 elle exécute Vertige d’amour, un mur de 69 dessins érotiques au fusain. Après La Belle et la bête (2009), elle produit des diptyques, des triptyques, des frises, des polyptiques (La Mer bleue), des variations sur le thème du visage-masque ou des jeux d’enfants. L’Alice de Lewis Carroll devrait être le thème d’un prochain ensemble.

La monographie reproduit amplement les œuvres (une par page sauf dans le cas des montages), et aménage des ruptures, des changements de rythme et d’échelle indispensables, en jouant de ces séquences et séries. En ce sens l’ouvrage n’est pas une monographie classique mais un épais cahier d’images, un recueil d’œuvres que leur force visuelle et leur diversité font tenir “toutes seules”. Il s’agit d’un livre pensé, sensible, vif, un objet qui se distingue par le travail sur les articulations de l’œuvre dans le temps, par une mise en page sans effets qui rend visibles les rapports des œuvres entre elles, par une qualité de reproduction qui matérialise en particulier la virtuosité et la subtilité de l’exécution du dessin qui, au travers de la peinture, demeure.

Anne-Marie Schneider est l’auteur de quatre films courts qui s’apparentent au genre “expérimental”. Réalisés en super 8mm (et montés en vidéo) entre 2000 et 2007, ils associent deux registres : celui de la prise de vues de scènes saisies dans la réalité quotidienne et de séquences d’animation mises en œuvre avec ses propres dessins. Tous ont en commun un remarquable travail de montage qui juxtapose des scènes et des temps d’animation à la manière d’associations libres, un sens du burlesque chaplinesque et une invention sonore (bruits, paroles et musique) qui complète et confirme la matérialité – et le lyrisme – de son univers graphique, ainsi que son talent de musicienne. Un DVD des 4 films est inséré à la fin de l’ouvrage.

L’ouvrage est accompagné d’un texte de Jean-François Chevrier, qui a suivi pas à pas, de visite d’atelier en expositions, l’ensemble du parcours de l’artiste depuis 1989. Son enseignement à l’école des beaux-arts de Paris fut un point de repère important, où elle a pu notamment voir et entendre parler d’artistes avec lesquels elle entretient de fortes affinités (Henri Matisse, Philippe Guston, Louise Bourgeois, René Daniëls, Sylvia Bächli, pour n’en citer que quelques-uns). Son essai explicite à la fois l’œuvre et les partis pris éditoriaux du livre. Sa connaissance intime de l’ensemble de la production de l’artiste, des références explicites ou chiffrées qu’elle mobilise dans ses images – dans le domaine de l’art ou de la littérature –, son attention particulière à la psychanalyse et aux mécanismes psychiques investis dans des compositions cryptées (rappelons qu’il est l’auteur, à L’Arachnéen, d’un ouvrage intitulé L’Hallucination artistique), font d’un tel texte un outil indispensable d’appréciation, de contextualisation et de déchiffrement de l’œuvre de cette artiste.

L’ouvrage est trilingue : il accompagnera en effet la rétrospective qui lui sera consacrée par le Museo Centro Reina Sofia (Madrid) en novembre 2016, puis par le Musée des Arts contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles fin 2017.

 

Enfantillages-Descriptif-Events

Haut

25 €

 

176 pages
60 dessins et gravures reproduits en couleur
50 photographies noir et blanc
Format à l’italienne : 17×24,2 cm
Couverture souple, reliure otabind
ISBN : 978-2-3736700-5-9
Date de parution : 3 novembre 2016

Livre publié avec l’aide du groupe RADO
et de la région Limousin Aquitaine Poitou-Charentes

croix-fermer
Presse

Entretien de Kirsten Murphy avec Fanny Béguery et Adrien Malcor, “Sur les milieux d’apparition des formes”, revue Initiales, n°10, MM (Maria Montessori), novembre 2017.
Sommaire de la revue
Lire l’entretien

Adrien Malcor, réponse à l’“enquête sur l’art et la pédagogie”, revue Initiales, n°10, MM (Maria Montessori), novembre 2017.
Sommaire de la revue

Didier Moreau, compte rendu dans le n°51 de la revue Le Télémaque. Philosophie – Éducation – Société, Presses universitaires de Caen, 2017, p. 169-172.

Julien Gautier, “Entretien avec Fanny Béguery et Adrien Malcor à propos des Enfantillages outillés“, revue en ligne Skhole, mars 2017
Lire l’entretien
repris sur le site de Lundi matin, n°106, 29 mai 2017
Lire l’entretien

Maud Hagelstein, “Note de lecture : Enfantillages outillés”, Critique d’art. Actualité internationale de la littérature critique sur l’art contemporain, n°48, mai 2017

Nicolas Mathey, “Machines au commencement”, L’Humanité, 27 avril 2017
Lire l’article

Maroussia Raveaud, “Note de lecture : Un petit bijou étonnant et merveilleux…”, Revue internationale d’éducation de Sèvres, n°74, printemps 2017
Lire l’article

Événements

Exposition Marelle à Montreuil
du 3 novembre au 17 décembre 2016

Une partie des Enfantillages outillés a été présentée dans le deuxième accrochage de l’exposition collective Marelle, conçue par Jean-François Chevrier et Élia Pijollet, au 116 – Centre d’art contemporain de Montreuil. Ce deuxième accrochage s’intéressait aux rapports art et pédagogie, et rassemblait des travaux d’artistes qui sont intervenus en milieu scolaire (Fanny Béguery et Adrien Malcor, Edith Dufaux, Claire Tenu)

- jeudi 3 novembre, 19h : vernissage
- samedi 5 novembre, 17h-20h : discussion dans l’exposition
- vendredi 18 novembre, 19h : table ronde « création artistique en milieu scolaire » à la Bibliothèque Robert-Desnos (14 bd Rouget-de-Lisle, M° Mairie de Montreuil)
- samedi 3 décembre, 17h : signature-rencontre autour du livre Enfantillages outillés

Le 116, Centre d’art contemporain
116 rue de Paris – 93100 Montreuil-sous-Bois

Pour plus d’informations sur l’exposition et le programme

Journée d’étude à l’ENSA de Limoges
les 23-24 novembre 2016

A partir des Enfantillages outillés, mais aussi avec des interventions de Sandra Alvarez de Toledo et de Federico Rossin.
Pour plus d’informations, consulter la p. 302 du livret de l’étudiant de l’ENSA

Présentations du livre en partenariat avec Peuple et Culture Corrèze

jeudi 24 novembre, 18h, à la librairie Page et Plume de Limoges
vendredi 25 novembre à 18h à l’école de Saint-Martin-la-Méanne
samedi 26 novembre à partir de 11h (et jusqu’à 13h) à la librairie Préférences de Tulle

 

 

 

Enfantillages-Descriptif-Auteurs

Haut

25 €

 

176 pages
60 dessins et gravures reproduits en couleur
50 photographies noir et blanc
Format à l’italienne : 17×24,2 cm
Couverture souple, reliure otabind
ISBN : 978-2-3736700-5-9
Date de parution : 3 novembre 2016

Livre publié avec l’aide du groupe RADO
et de la région Limousin Aquitaine Poitou-Charentes

croix-fermer
Auteurs

“Enfantillages outillés”, avant d’être un livre, fut le nom de l’atelier mené par Fanny Béguery et Adrien Malcor à l’intérieur du projet collectif du groupe RADO intitulé Ce qui ne se voit pas. Ce projet, issu d’une invitation de Peuple et Culture Corrèze, puis d’une commande publique du Centre national des arts plastiques (Cnap), a donné lieu à une double exposition en 2014, à Tulle et au Centre international d’art et du paysage de Vassivière.

Fanny Béguery (née en 1984) et Adrien Malcor (né en 1981) sont tous deux diplômés des Beaux-Arts de Paris et membres du groupe RADO. Fanny Béguery est photographe et musicienne, elle a conduit un atelier photographique dans un hôpital de jour avec des enfants, et un autre dans une école de Saint-Ouen ; Adrien Malcor s’est orienté vers une pratique d’écriture et de recherche au croisement de l’histoire de l’art, de la littérature et de la philosophie (il a mené des recherches sur les œuvres de James Joyce, Charles-Louis Philippe et Gilbert Simondon, entre autres). Cet atelier et ce livre sont le résultat de leur complémentarité. Ils vivent respectivement à Aubervilliers et à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Les auteurs des dessins, photographies et gravures sont quarante enfants de trois classes primaires dans les villages d’Hautefage, Saint-Martin-la-Méanne et Marcillac-la-Croisille, dans les environs d’Argentat, aux bords de la Dordogne.

 

 

 

Enfantillages-Descriptif-Extraits

Haut

25 €

 

176 pages
60 dessins et gravures reproduits en couleur
50 photographies noir et blanc
Format à l’italienne : 17×24,2 cm
Couverture souple, reliure otabind
ISBN : 978-2-3736700-5-9
Date de parution : 3 novembre 2016

Livre publié avec l’aide du groupe RADO
et de la région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes

croix-fermer
Extraits


Télécharger des extraits

Ce PDF comprend la présentation par les deux artistes, quelques extraits du montage des dessins et photographies réalisés par les enfants, ainsi que le début du texte “Enfantillages outillés. Le parti-pris des ultra-choses” d’Adrien Malcor.

 

 

 

 

 

 

Enfantillages-Descriptif-Sommaire

Haut

25 €

 

176 pages
60 dessins et gravures reproduits en couleur
50 photographies noir et blanc
Format à l’italienne : 17×24,2 cm
Couverture souple, reliure otabind
ISBN : 978-2-3736700-5-9
Date de parution : 3 novembre 2016

Livre publié avec l’aide du groupe RADO
et de la région Limousin Aquitaine Poitou-Charentes

croix-fermer
Sommaire

Présentation
par Fanny Béguery et Adrien Malcor

I. Montage des dessins, photographies et gravures réalisés par les enfants, associés à leurs mots, à des dialogues entre enfants et aux récits des deux artistes

- premier atelier : dessin, photocopie
- deuxième atelier : photographie, dessin
- troisième atelier : gravure

II. « Enfantillages outillés. Le parti pris des ultra-choses »
par Adrien Malcor