Cartes-Descriptif-L’auteur

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Couv_Cartes
55 €

Livres-apparentes

416 pages
177 cartes et lignes d’erre (en couleur)
8 photographies (en noir et blanc)
Format : 28×21,5 cm
ISBN : 978-2-9541059-0-1
Date de parution : avril 2013

Cartes de Jacques Lin, Gisèle Durand,
Marie-Dominique Vasseur, Thierry Bazzana,
Jean Lin, Dominique Lin, Marie-Rose Aubert…
Descriptions rédigées par Sandra Alvarez de Toledo
d’après des entretiens avec les auteurs des cartes.
Postface de Bertrand Ogilvie.

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Portrait Deligny 1
Fernand Deligny
Chronologie

1913
– Fernand, Camille, Émile Deligny naît le 7 novembre, à Bergues (Nord). Il est le fils de Camille Deligny et de Louise Laqueux.

1915-1917
– Le 13 avril 1917, Camille Deligny est tué au combat, près de Saint-Quentin dans l’Aisne.

1919-1931 
– Deligny fait ses études primaires au petit lycée Faidherbe et ses études secondaires au grand lycée Faidherbe. Il obtient un baccalauréat de philosophie en 1931.

1931-1934
– Il abandonne hypokhâgne pour suivre des cours de philosophie et de psychologie à l’université de Lille. À la même époque, il se rend régulièrement en visite à l’asile d’aliénés d’Armentières.
– À la suite de manifestations fascistes, il s’inscrit aux jeunesses communistes

1935-1937 
– Il débute son service à l’École militaire de Paris en octobre 1935.

1938 
– Il trouve un poste d’instituteur suppléant dans une classe de perfectionnement à Paris (12e), puis à Nogent-sur-Marne. Ses méthodes sont proches de celles de Célestin Freinet.

1939 
– Il épouse Josette Saleil et accepte un poste d’instituteur spécialisé à l’IMP de l’asile d’Armentières. 
– Il est mobilisé en août, alors qu’il séjourne dans l’Aveyron chez son beau-père Aimé Saleil, instituteur franc-maçon et libertaire.

1940-1943
– En août ou septembre, il franchit la ligne de démarcation et retourne à Armentières.
– Devenu « éducateur  principal » Deligny révolutionne les conditions de vie des pensionnaires du pavillon 3. Il supprime les sanctions. Avec les gardiens – ouvriers du textile au chômage, artisans, anciens détenus – il organise des sorties, des jeux, des séances de sport, des ateliers.

1943
– Le Commissariat à la Famille de Vichy propose à Deligny la direction de la prévention de la délinquance juvénile pour la région du Nord. Il quitte l’asile et ouvre un foyer de prévention à Wazemmes, commune limitrophe de Lille.
– Il est nommé conseiller technique de l’Association régionale de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (Arsea) du Nord.

1944 
– Parution de Pavillon 3 aux éditions Opéra.

1945 
– Le 1er janvier, Deligny est nommé directeur du premier Centre d’observation et de triage (COT) du Nord. 
– Il mène une campagne de presse contre l’abbé Stahl (avocat et responsable d’une société de patronage), avec le soutien du quotidien communiste Liberté
– Parution de Graine de crapule. Conseils aux éducateurs qui voudraient la cultiver, qui fonde sa réputation d’« éducateur libertaire ».

1946
– Parution de Puissants Personnages chez Victor Michon.
 Le 1er mai, la direction de l’Arsea met fin aux fonctions de Deligny. 
– Il prend la responsabilité de Travail et culture pour la région du Nord. 
– Rencontre avec Huguette Dumoulin, militante communiste.

1947 
– Les premières réunions de préfiguration de La Grande Cordée  ont lieu au laboratoire de psychobiologie de l’enfant dirigé par Henri Wallon à Paris. 
– Parution des Vagabonds efficaces chez Victor Michon, dans la collection « Tentatives pédagogiques » dirigée par Deligny.

1948
– Création de La Grande Cordée. L’association dite de « prise en charge en cure libre » s’adresse aux adolescents délinquants et caractériels. Elle est soutenue par les réseaux d’éducation populaire et présidée par Henri Wallon. Le suivi psychiatrique des adolescents est assuré par Louis Le Guillant. Tous les membres du conseil d’administration (sauf Pierre Hirsch, trésorier et ami lillois de Deligny) sont membres du Parti communiste. Huguette Dumoulin participe aux réunions à titre consultatif. 
– Henri Wallon obtient le détachement de Deligny auprès de son laboratoire.
– Les premiers adolescents sont confiés à La Grande Cordée par le professeur Heuyer (hôpital Necker, Paris), puis par les services sociaux et les familles.

1949 
– Parution des Enfants ont des oreilles aux éditions du Chardon rouge.
– La première consultation de La Grande Cordée a lieu au conservatoire Renée-Maubel, à Montmartre. Difficultés financières.

1951
– La Grande Cordée obtient l’agrément de la Caisse de sécurité sociale, à titre exceptionnel et pour une durée d’un an.

1953-1954
– À la demande du personnel de la mutuelle de la RATP, Deligny crée la consultation « Enfance ». 
– De juillet à septembre 1954, Deligny séjourne dans le Vercors avec Huguette Dumoulin, Josée Manenti et une vingtaine d’adolescents.

1955
– La Grande Cordée quitte Paris et s’installe dans les combles d’un château à Salzuit, près de Brioude (Haute-Loire), loués par Josée Manenti.
– Deligny écrit « La caméra outil pédagogique », publié en octobre dansVers l’éducation nouvelle, la revue des Ceméa.

1956
– Pendant l’été, le groupe déménage dans une ferme près de Saint-Yorre (Allier). Depuis 1948, La Grande Cordée a reçu en tout 150 adolescents. 
– Deligny se charge de la « petite école » et écrit Adrien Lomme.
– « Adoption » de Guy Aubert.

1957
– Yves G. est confié à Deligny par ses parents, instituteurs communistes et membres des Ceméa.

1958
– En mai, parution d’Adrien Lomme aux éditions Gallimard.
– Fin août, François Truffaut vient chercher de l’aide auprès de Deligny pour achever l’écriture du scénario des 400 coups.
– Développement des réflexions de Deligny sur le langage et le tracé au cours de séances de dessin avec Yves G.

1959-1961
– En janvier, le groupe déménage dans les Cévennes aux Curières, près de Thoiras (Gard).
– Réédition de Graine de Crapule aux Éditions du Scarabée, avec une nouvelle préface de Deligny. 
– Deligny publie Anges purs sous le pseudonyme de Vincent Lane.

1962-1964
– Installation du groupe à Veyrac, près d’Anduze. Any Durand se joint à eux.
– Départ d’Huguette Dumoulin.
– Tournage du Moindre geste sous la direction de Deligny. Yves G. joue le rôle principal. Josée Manenti assure les repérages et les prises de vue. Guy Aubert enregistre les sons.

1965-1966
– Jean Oury et Félix Guattari accueillent Deligny et ses compagnons à la clinique de La Borde, près de Blois. 
– « Journal d’un éducateur » paraît dans le premier numéro de la revueRecherches.
– Fin 1966, Jean-Marie J. (« Janmari »), 12 ans, autiste profond, est confié par sa mère à Deligny.

1967-1968
– En juillet, Deligny quitte La Borde pour se rendre à Gourgas (près de Saint-Hippolyte-du-Fort dans le Gard), dans une propriété de Félix Guattari transformée en lieu de rencontres entre intellectuels et militants d’extrême gauche. 
– Rencontre avec Jacques Lin, 19 ans, ex-ouvrier électricien chez Hispano-Suiza.
– De retour à La Borde, Deligny participe à diverses manifestations contre la guerre du Vietnam. 
– Il réalise les trois premiers Cahiers de la Fgéri (Fédération des groupes d’études et de recherches institutionnelles). 
– En Mai 68, Félix Guattari fait appel à lui pour réaliser un quotidien des événements ; Deligny fait un aller et retour et décline la proposition.
– Pendant l’été Deligny quitte Gourgas et s’installe avec Any Durand, Gisèle Durand (sœur d’Any) et Janmari au hameau de Graniers, non loin de Gourgas.
– Jean-Pierre Daniel entreprend le montage du Moindre geste au Centre social de la Maurelette dirigé par Jacques Allaire, à Marseille.

1969 
– Préfiguration d’une nouvelle « tentative » avec des enfants autistes, autour de Janmari. Maud Manonni, Françoise Dolto et Émile Monnerot (psychiatre à Marseille) lui confient les premiers enfants. 
– Jacques Lin installe la première « aire de séjour ». D’autres enfants vivent à Monoblet, chez Guy et Marie-Rose Aubert.
– Premières cartes et « lignes d’erre ».

1970
– En janvier, parution des Vagabonds efficaces et autres récits chez François Maspero.
– Jacques Lin installe un campement avec des enfants autistes au Serret, à 12 kilomètres de Graniers.

1971 
– Chris Marker crée la coopérative Slon pour financer la fin du montage duMoindre geste à Paris. Le film est présenté à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes. 
– À Graniers, Gisèle Durand s’occupe de la fabrication du pain avec Janmari et collecte les cartes pour les transmettre à Deligny. 
– Guy et Marie-Rose Aubert emménagent dans une ferme à Verdeilhe ; ils accueillent plusieurs enfants autistes.

1973
– Trois enfants vivent désormais de manière permanente dans le réseau : Christophe B., Gilles T. et Janmari.
– Alain Cazuc, photographe et étudiant en sociologie de l’art, rejoint le réseau. Les demandes de stages se multiplient.
– Renaud Victor commence le tournage de Ce Gamin, là.
– Premières prises de vue en vidéo réalisées par les responsables des aires de séjour à l’intention des familles.

1974
– Isaac Joseph publie un dossier de quatre pages sur le « réseau » dansLibération.

1975
– Parution de Nous et l’Innocent, réalisé avec Isaac Joseph, chez François Maspero, dans la collection « Malgré tout » dirigée par Émile Copfermann.
– Isaac Joseph et Deligny réalisent pour la revue Recherches trois numéros spéciaux, les « Cahiers de l’Immuable ».

1976 
– Sortie de Ce Gamin, là à Paris. 
– Le réseau compte huit aires de séjour. 
– Correspondance de Deligny avec Louis Althusser.
– Réédition des Enfants ont des oreilles chez François Maspero.

1977
– Réédition d’Adrien Lomme chez Maspero.

1978
– Parution aux éditions Seghers de Balivernes pour un pote, dédié à Félix Guattari.
– Parution de Le Croire et le Craindre (première autobiographie de Deligny) aux éditions Stock, avec la collaboration d’Isaac Joseph. Celui-ci dirige en outre un travail de recherche inspiré de la tentative dans le cadre du Centre de recherches sur l’inadaptation de l’université Lyon 2. 
– Tournage de Projet N, réalisé par Alain Cazuc et produit par l’INA. 
– Pierre-François Moreau publie Fernand Deligny et les idéologies de l’enfance aux éditions Retz.

1979
– Parution des Détours de l’agir ou le Moindre geste aux éditions Hachette dans la collection « L’échappée belle » dirigée par Copfermann.

1980 
– Parutions : I bambini e il silenzio, aux éditions Spirali ; Les Enfants et le silence aux éditions Galilée/Spirali ; Singulière ethnie et La Septième face du dé aux Éditions Hachette dans la collection « L’Échappée belle » dirigée par Copfermann. 
– L’exposition Cartes et figures de la terre (Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou) présente des cartes et des lignes d’erre.
– La Quinzaine littéraire (no 332) publie « L’étrange Fernand Deligny », dossier réalisé par Roger Gentis.

1981 
– Rédaction de L’Arachnéen, de Malabur (illustré par Gisèle Durand), et deRue de l’Oural, inédits.

1982 
– Parution de Traces d’I, en collaboration avec Jean-Michel Chaumont, aux éditions Cabay. 
– Rédaction d’Acheminement vers l’image. 
– Correspondance entre Deligny et Marcel Gauchet.

1983 
– Parution de Traces d’être et Bâtisse d’ombre aux éditions Hachette.
– Deligny écrit les Contes du vieux soldat et de belle luretteLes Deux mémoiresÉloge de l’asile et A comme asile.

1984
– Deligny est hospitalisé en urgence à Ganges (Hérault) pour un double ulcère perforé à l’estomac.
– Début de la rédaction de Lettres à un travailleur social, qui constitue avecAcheminement vers l’image et Les Deux mémoires, la trilogie Lointain-Prochain.
– Mort de Marie-Rose Aubert.

1986
– Fin du réseau. Deligny, Gisèle Durand et Jacques Lin vivent toujours à Graniers avec Christophe B., Gilles T. et Janmari.

1988
– Tournage de Toits d’asile (réal. Renaud Victor), qui devient Fernand Deligny. À propos d’un film à faire
– Deligny entame l’écriture de L’Enfant de citadelle, récit autobiographique sans fin.

1990
– Les Cahiers du cinéma publient un dossier consacré à Fernand Deligny. À propos d’un film à faire.

1991
– Mort de Renaud Victor.

1993
– Mort de Guy Aubert.
– Deligny abandonne L’Enfant de citadelle. Il commence l’écriture d’Essi (Et-si-l’homme-que-nous-sommes).

1994 
– Deligny est transporté à la clinique de Ganges pour une fracture de la hanche. Il écrit son dernier recueil d’aphorismes, Copeaux.

1996
– Le 18 septembre, mort de Fernand Deligny à Graniers.

2002
– Le 11 juin, mort de Janmari.