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ROSA_COUV_MOYEN
22 €

224 pages
Format : 21,5×13,5 cm
ISBN: 978-2-9541059-4-9
Date de parution: 19 février 2015

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HARLAN_PORTRAIT 

Thomas Harlan

(1929-2010)
Thomas Harlan fut une figure essentielle et, pourtant, méconnue d’une génération sacrifiée qui, après avoir grandi sous le nazisme, a passé sa vie à racheter la faute de ses pères. Fils de Veit Harlan qui a réalisé avec l’aide de Goebbels l’arme cinématographique la plus efficace de la propagande antisémite nazie diffusée dans toute l’Europe à partir de 1941, Le Juif Süss, Thomas Harlan a dû se justifier d’une hérédité et de la faute d’un père autant aimé qu’abhorré, qui, par deux fois jugé et par deux fois gracié, a toujours refusé de reconnaître sa responsabilité. L’ampleur de la tâche a engagé sa vie entière, une vie occupée à débusquer les survivances du nazisme et de toute forme de fascisme en général : après des années de recherches dans les archives de guerre polonaises au début des années 1960, il reconstitue l’organigramme du commandement de l’extermination nazie en Europe de l’Est et découvre que certains responsables, restés injugés, étaient de nouveau en place à des postes de responsabilité en RFA ou ailleurs. Interdit de séjour en RFA, son engagement « communiste » le conduit aux côtés de dissidents de RDA (Heiner Müller entre autres), de Lotta continua en Italie, de la résistance chilienne, de l’insurrection de l’armée portugaise au Mozambique, de la révolution des Œillets au Portugal, puis en Arménie, à Haïti…
Il laisse une œuvre trouée qui émerge d’une quantité impressionnante de manuscrits (poèmes, pièces de théâtre, scénarios) non réalisés, de films tournés et non montés ou simplement égarés, d’études (dont celle menée en Pologne qui devait avoir pour titre «Le IVe Reich») : une pièce de théâtre (Ich und kein Engel), trois films (Torre Bela, Wundkanal, Souvenance), trois romans (Rosa, Heldenfriedhof [Le Cimetière des héros], Die Stadt Ys [La Ville d’Ys],) et une lettre au père, Veit, dans lesquels se dépose, se condense jusqu’à saturation une vie au cœur de l’histoire du XXe siècle. Torre Bela accompagne en 1974 une révolte de paysans au Portugal. Wundkanal met en scène en 1984 le procès d’un ancien nazi par des terroristes de la Fraction armée rouge. Souvenance enregistre en 1990 les gestes magiques des Haïtiens tentant de redonner corps et vie à leur histoire. Rosa, son premier roman écrit à 70 ans, revient aux origines : la mémoire du nazisme.


Marianne Dautrey

Marianne Dautrey est germaniste, linguiste, philosophe et traductrice. Elle a travaillé sur les rapports entre la représentation et l’énonciation dans l’écriture du présent à partir des œuvres de Karl Kraus. Elle a enseigné la philosophie à Paris I.
Elle a traduit Max Weber et Karl Marx de Karl Löwith (Payot, 2009), traduit et préfacé la Correspondance Adorno-Alban Berg (Gallimard, coll. « Bibliothèque des idées », 2004) et repris en collaboration avec Christian Sommer et Vincent Stanek la traduction du Monde comme volonté et représentation d’Arthur Schopenhauer (Gallimard, coll. « Folio essais », 2009). Elle a contribué aux Editions L’Arachnéen par un essai, « Peu de gens devineront ce qu’il a fallu être triste pour ressusciter Carthage », paru dans Ritwik Ghatak. Des films du Bengale (2011). Elle est également critique indépendante (Le Monde des livres).