« La caméra outil pédagogique »

 
 

[…] J’ai pensé que le cinéma avait sa place dans un organisme comme le nôtre qui veut aider des adolescents en difficulté. Il n’est évidemment pas question que chacun ait sa caméra, mais il est nécessaire que cet outil-là soit réellement à la disposition de ceux qui veulent s’en servir pour raconter en quelques suites d’images ce qu’ils voient de la vie qu’ils vivent.

 

[…] Avec la caméra, le monde les regarde, le monde des Autres, qui n’avaient rien à faire d’eux, et seront tout à l’heure les témoins de ce qu’ils font chaque jour.

Mise en scène ? Non. Mise en vue. Mise au clair. Mise en public.

Pendant que j’écris, la caméra est sur ma table, sans munitions. Nous n’avons plus de pellicule, à nouveau, depuis deux jours. L’arme automatique est muette. Au-dessus de ma tête, sur les dalles du séjour d’orientation au long couloir propice aux courses, l’infanterie se démène pour nettoyer la poussière que la bâtisse féodale où nous vivons sue par tous ses recoins. Nous sommes le 14 juillet 1955. […]


(Tous droits réservés)

 

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