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10 rue St-Luc
L’Arachnéen s’est doté d’un atelier 10, rue Saint-Luc, Paris XVIIIe, dans le quartier de la Goutte d’or, à quelques dizaines de mètres de l’église Saint-Bernard (où des étrangers « en situation irrégulière » avaient trouvé asile et dont ils furent expulsés manu militari par la police le 23 août 1996). L’atelier est occupé une partie du temps par deux artistes, Violette Astier et Florian Fouché. Le reste du temps, les paris sont ouverts : exposer, projeter, lire, danser, chanter, écouter, voir, mettre en chantier, agir et faire, la liste est longue des infinitifs et des hasards qu’un tel lieu rend possibles. Un vieux rêve vient au jour, et le prolongement en quelque sorte naturel de ces objets faits de pensées, de sons, de paroles et d’images que sont nos livres. L’Arachnéen a-t-il une « ligne » éditoriale ? Le 10 rue Saint-Luc suivra la même : nous ouvrons une boîte à formes et à idées.

Le premier rendez-vous et l'inauguration ont eu lieu le 12 octobre 2019, avec une exposition de Violette Astier.
événement

prière de ne pas marcher sur les pierres, par Béryl Coulombié
en collaboration avec Victoire Marion-Monéger

les samedi 29, dimanche 30 mai et samedi 5, dimanche 6 juin à 17h
réservation obligatoire par email : 10ruestluc@gmail.com

photographie : Romane Deal

prière de ne pas marcher sur les pierres

La main sans doigt je l’ai appelée pierre. Quelque part dans les Cévennes Fernand Deligny raconte que certaines pierres peuvent « faire repère », signes sans signifiance pour des enfants autistes mutiques. Il dit de ces enfants qu’ils sont « imperméables à l’ordre, sensibles au signe».

Je me prends d’affection pour toutes les formes qui (se) tiennent mal dans leur moule.

« Je » remplace tous ses sujets par o, la non-lettre

:

o = je
o = eux
o = Elles
o = pierre
o = Pierres
o = Pierre
o = .

o comprend : LACUNES, l’altération de la grammaire ; la défiance à l’égard du sujet, du temps qui file en ligne droite, de « se » qui désigne et de ce qui pointe, du cernes et du contour des formes, des scrupules et des mots.

Victoire donne forme au Vestiment, robe à quatre manches, objet habitacle. Monique Wittig écrit les Guérillères. De son affirmation jaillit la danse et toutes les tentatives :
« ELLES AFFIRMENT TRIOMPHANT QUE
TOUT GESTE EST RENVERSEMENT. »

Béryl Coulombié, mai 2021

photographie : Adrien Buyukodabas